Chloé MAZZANI et Bulat SHARIPOV Résidence du 1er au 12 juin
Bulat Sharipov et Chloé Mazzani, duo formé au sein du collectif MITR, étaient en résidence pour poursuivre le travail amorcé dans lecadre du Labo Plastique avec le Bureau des guides – GR2013, une exploration sensible et scientifique de l’étang de Berre, qui cherche aujourd’hui son équilibre fragile. Continuant ainsi leur collaboration avec Sylvain Rigaud, biogéochimiste aquatique à l’Université de Nîmes, pour observer les mondes benthiques de l’étang. À partir de ses recherches, ils ont choisi un site fortement concentré en PVC, où la vie continue à persister et à se transformer. Ils travaillent à partir de carottes de sédiment prélevées au fond de l’étang, où chaque centimètre raconte une époque. Cette résidence a donnée une proposition en deux volets. D’abord une balade sensible le long des rives (écoute collective des sons cachés de l’étang et collecte d’échantillons). Ensuite une performance/installation vidéo participative : les échantillons de l’étang grossis au microscope et projetés en grand, comme des paysages sous-marins inédits. Nous les mettons en jeu comme on lirait des signes, et ensemble nous tenterons d’imaginer les futurs possibles de l’étang.
Cette résidence repose sur une création participative auprès des habitant.e.s. de la ville de Martigues. Je réfléchis à une pièce sonore qui pourrait être écoutée aux abords de l’étang. qui contiendrait l’imaginaire des martégaux. j’aime prendre pour point de départ des rencontres sur place et rendre visibles ainsi des points de vue qui souvent nous échappent ! La résidence serait l’occasion d’ouvrir ponctuellement le tétrodon, en en faisant un studio d’enregistrement temporaire. D’autre part, à l’issue de cette recherche-création, je souhaiterais proposer une forme de restitution en espace public, aux abords de l’étang sous la forme d’écoutes de montages sonores issus de cette collecte d’imaginaires. Un partenariat avec la médiathèque de Martigues (aussi pour « des nuées ») pourrait être développé… et relayer les récits oraux collectés…
Une première phase consistera à adapter ma proposition au site et à la présence, et l’occupation des lieux au Tétrodon par les habitant.e.s. Marianne Villiere 2024
Maianne Villière-Le rendez-vous pour écoute publiqueReprésentation de Salty Record sur la plage de FerrièreÉcoute publique de Salty Record. Une création de Marianne VillièreÉcoute publique de Salty Recordde Marianne VillièreMarianne Villière-Sur le chemin de Salty Record
Brigitte PALAGGI et Olivier DOMERG Résidence du 29 mars au 13 avril
Premiers éléments de résidence pour l’auteur et sa compagne photographe que nous livrons ici en préambule à leurs extraits de séjour au Tétrodon qui paraîtront bientôt…
Introduction à l’étang : textes extraits de Onze tableaux sauvés du zoo (éd : l’Atelier de l’Agneau)
Résidence du 6 au 18 octobre Travail préparatoire : octobre 2024 / Résidence de création : avril 2025
Tétrodon
BRIGITTE PALAGGI, photographe Depuis une vingtaine d’années, mon travail s’est recentré sur une approche photographique du et des paysage(s), quelles que soient leur définition ou leur nature ; et notamment ceux d’Italie, des Alpes, des Ardennes, du Cantal ou du plateau de Millevaches, pour ne citer que quelques chantiers récents ; avec une prédilection pour les paysages naturels, sans pour autant négliger ceux urbains, semi-urbains ou intermédiaires, et, par exemple, les paysages vivaces et contrastés de ma région d’adoption. En effet, résidant dans les Bouches-du-Rhône, j’ai investi, par exemple, depuis mon arrivée ici dans les années quatre-vingts, ceux de Marseille, Martigues, Arles, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Fos-sur-Mer, Port-de-Bouc, et, bien sûr, le chenal de Caronte, l’étang de Berre et La Crau ; les arpentant et les parcourant plus souvent qu’à mon tour. J’y observe, d’année en année, la façon dont achoppent ou voisinent, situation géographique et pans de nature résiduelle, avec l’emprise impérieuse des activités industrielles et humaines. Cette confrontation produit parfois de l’inouï, de troublants hiatus et des paradoxes de toute beauté, qu’il faut savoir saisir, jusque dans leur essence lacunaire et souvent éphémère. Sans doute, est-ce encore plus flagrant en ce qui concerne ces territoires qui portent depuis longtemps, en eux, les traces et stigmates de plusieurs industrialisations et mutations successives, venant frotter sur une garrigue, un arrière-plan collinaire, un damier de salins ou sur la respiration spatiale indéniable d’un chenal, d’un étang comme celui de Berre ou d’une façade maritime. Cette confrontation influe, de facto, et à la longue, sur notre imaginaire et sur notre façon de voir et de photographier ; participant dès lors de notre manière de ressentir, de prendre part et d’expérimenter.
Martigues
OLIVIER DOMERG, écrivain &, poésagiste BERRE AUX PETITS PIEDS (poursuite & approfondissements) Rien ne s’écrit sans préalable. Il faut être sur place, passer du temps, se fondre dans l’espace, aller et venir, prendre des notes, enquêter, accepter de ne rien comprendre parfois, aller et venir souvent, accepter aussi de ne rien savoir, d’être vierge de tout savoir quant aux lieux et aux choses, de s’en remettre totalement à cette ignorance qui est le point de départ le plus sûr, pour voir les choses comme pour la première fois, comme une succession de premières fois, et porter sur elles un oeil neuf. Rien ne s’écrit sans désaxements, sans égarements et sans surprises ; mais aussi, sans observations renouvelées, sans saisies scrupuleuses, sans longues immersions et lentes contemplations. Pas d’autre méthode qu’arpenter un lieu, un territoire ou les pourtours d’un étang, en tout sens, qu’engranger des sensations et des situations, que creuser la question tant et tant, que prendre date. Pas d’autre méthode qu’écrire les choses à leur contact, face à elles ou devant elles, ou encore, en leur sein. Pas d’autre solution qu’être dans un lieu pour écrire (sur) ce lieu ; qu’être dans le paysage pour écrire le paysage ; c’est-à-dire, qu’être traversé par eux, nourri et agi par eux. Cette résidence de création au Tétrodon me permettra d’approfondir un travail d’écriture sur un sujet très sensible, l’étang de Berre, pour lequel j’ai déjà écrit un premier texte (Berre aux petits pieds) ; sorte de premier chapitre d’un livre à venir, dont, profitant au mieux de la situation du Tétrodon, au bord de l’étang, et du temps et des moyens que nous octroie toute résidence, je pourrais en poursuivre l’écriture
“Éphémérosphères” sont des mondes sonores que nous ne pouvons pas voir ou entendre facilement sans médiation, et pourtant, c’est vital de comprendre ces sphères, car ils nous rappellent qu’il y a tellement de choses au-delà de nos sens.
Il est courant de qualifier l’enregistrement des sons naturels de « capture d’un son ». Écouter des éphémérosphères nous rappelle que nous ne capturons rien : dire « capturer » n’est que l’habitude du langage extractif, possessif et colonisateur. Vous ne faites pas sortir le son de l’air lorsqu’il passe. Ce que nous faisons lorsque nous enregistrons du son s’apparente davantage à un acte d’écriture.
Pensez aux limites poreuses de nos sens : les limites réelles de l’audition humaine diffèrent d’une personne à l’autre. Quelque chose que vous ne pouvez pas entendre ne disparaît pas parce qu’il n’est pas entendu par un humain. Il est plus important que jamais de prêter attention aux éphémérosphères, telles que l’activité de recherche d’écholocation des chauves-souris, car le monde naturel est plus que jamais confronté à la pression d’un monde humain toujours plus enclin à la violence et au gaspillage. Mike Bullock nov. 2024.
“Ephemerospheres” are sonic worlds that we cannot easily see or hear without mediation, and yet, understanding these spheres is vital because they remind us that there is so much beyond our senses.
It is common to refer to recording natural sounds as “capturing a sound.” Listening to ephemerospheres reminds us that we are not capturing anything: saying “capture” is merely a habit of extractive, possessive, and colonizing language. You don’t make sound come out of the air as it passes. What we do when we record sound is more akin to an act of writing.
Consider the porous boundaries of our senses: the actual limits of human hearing differ from person to person. Something you cannot hear does not disappear simply because it is not heard by a human. It is more important than ever to pay attention to ephemerospheres, such as the echolocation search activity of bats, because the natural world is facing increasing pressure from a human world ever more prone to violence and waste. Mike Bullock, November 2024.
Autoportrait de Mike Bullock durant sa résidence au Tétrodon en 2024
Écouter l’étonnante composition de Mike Bullock , issue de sa résidence. Composition créée à partir de cet objet étrange qu’est la fonction sonore des chauves souris lors de leur déplacement dans l’espace.
Listen to Mike Bullock’s amazing composition from his residency. Composition created from this strange object that is the sound function of bats as they move through space.
Olivier DOMERG & Brigitte PALAGGI, écrivain poète. Photographe (Martigues). ‘BERRE AUX PETITS PIEDS’ Étang de Berre : resserrer la focale paysagère Sur O.DOMERG Sur B.PALAGGI et O.DOMERG
Nicolas MÉMAIN Projet : Écriture d’une opérette dans le Tétrodon (suite de 2021) Résidence : Tétrodon (Martigues) Nicolas MÉMAIN, marcheur, et montreur d’ours en béton. (Marseille)
Sibylle DUBOC Projet : “Les fossiles pétro-chimiques du site d’Étang de Berre une archéologie à rebours” Résidence : Tétrodon (Martigues) Sibylle DUBOC photographe plasticienne. (Marseille)
Nina ALMBERG Projet : Écriture d’une histoire Résidence : La MARELLE + Tétrodon (Martigues) Nina ALMBERG, autrice. (Bretagne)
Par ce projet d’écriture, Nina Almberg retrace un épisode de l’histoire de Mario Marret. Militant anarchiste, résistant, explorateur, engagé dans tous les combats de son époque, qui décide de construire, chez lui, à Rustrel, le bateau de la liberté.
Aurore SALOMON Projet : Paysages, le jour et la nuit, sur les bords de l’Étang de Berre et dans le Tétrodon Résidence : Tétrodon (Martigues) Aurore SALOMON artiste plasticienne, peintre. (Le Monêtier les Bains)
Stefan EICHHORN Projet : Démarrage d’une étude sur une couverture / protection ombrière du Tétrodon Résidence : Tétrodon (Martigues) Stefan EICHHORN artiste plasticien. (Marseille)
Nicolas MÉMAIN Projet : Écriture d’une opérette dans le Tétrodon Résidence : Tétrodon (Martigues) Nicolas MÉMAIN, marcheur, et montreur d’ours en béton. (Marseille)
Écriture d’une opérette chanté par l’artiste lors d’une promenade autour du Tétrodon avec le public. L’artiste conçoit cette opérette à partir des différents éléments et détails de la vie quotidienne vécu dans le Tétrodon et aux alentours de celui-ci. Lire ici
Jeff SILVA Projet : Écriture d’un projet de film Résidence : Tétrodon (Martigues) Jeff SILVA, artiste plasticien. (Marseille)
Écriture d’un projet de film sur la mémoire sensorielle des habitants de Martigues et de la ZIF. Cette première résidence va permettre à l’artiste de solliciter une une seconde résidence de réalisation en 2022.
Stefan EICHHORN Projet : Comment bien dormir dans le Tétrodon Résidence : Tétrodon (Martigues) Stefan EICHHORN artiste plasticien. (Marseille)
Stefan Eichhorn projette l’agrandissement de l’aménagement intérieur, par une création/extension des couchettes. Il va expérimenter dans l’esprit de l’architecte Annie Tribel, en respectant la simplicité originelle de l’intérieur du Tétrodon et tout en s’inspirant de l’architecture de science-fiction fictive. Les interventions consisteront principalement en tissu et en mousse.
MAI – DECEMBRE (Cycle ‘Du marais à l’acier…et après?)
Patrycja PLICH, Souad MANI, Romain PAPION, Christophe GALATRY, Philippe AUTRIC Projet : Plastigo Résidences : Ville de Martigues
Thème : Sur la question des sols en rapport à l’Anthropocène. Programme de recherche artistique sur deux années développé par quatre artistes dont deux artistes étrangères invitées par l’association par ce passage, infranchi en résidence dans le Tétrodon.
Christopher Alexander KOSTRITSKY GELLERT Résidence 20 au 28 avril 2024
Artiste – plasticienne, performeuse et poète (Marseille) ‘L’adresse poétique : êtres-humains – êtres-oiseaux en Méditerranée’
Comment réparer les fantômes qui habitent un territoire, cartographier une mémoire du lieu, honorer son passé, prendre soin de son présent ?.
Pendant ma résidence au Tétrodon à Martigues, j’ai commencé à explorer les relations fragiles entre les êtres-humains et leurs territoires – sur des côtes, dans des marais, en zones fortement industrialisées – où pourtant on entend encore le chant des oiseaux, et où j’étais désarmé.e par leur grâce. Je vous livre ici le résultat de mes impressions.
Le film d’animation est un art total qui sollicite à la fois le cinéma, le son et les bruitages, la sculpture, le dessin, la narration, le temps.
Artiste plasticienne, je suis aussi créatrice de films animés réalisés avec un public populaire. Populaire dans le sens où les stagiaires sont souvent issus de quartiers dit « prioritaire », des « QPV » acronyme qui désigne les quartiers défavorisés. Populaire dans le sens ou je travaille avec une équipe non initiée au cinéma, à l’image animé, à la littérature, aux arts plastiques pour réaliser des films courts (de 3 à 6 minutes) qui font réfléchir et qui donnent la parole à ceux qui les font. Ces objets cinématographiques sont diffusés sur grand écran dans les salles d’arts et d’essais et mis en valeur dans certains festivals, des expositions…. Objets cinématographiques non identifiés, à la lisière entre film d’artiste, cinéma d’art brut, films animés documentaires, films scientifiques animés, ces créations sont toutes le fruit d’un travail collectif original, issue d’une collaboration inédite, de rencontre improbable, d’une émulsion chimique et humaine, sociale et sociologique, artistique et humoristique. Camille Goujon
Résidence 13 au 21 juillet Auteur de bandes dessinées
« Je suis allé comme un naufragé sur les rives de Tholon… on venait de vivre un tsunami, même si il était politique, et je m’imaginait dans un Tétrodon Calypso, entre le commandant Cousteau et temps X, réfugié en résidence peu surveillée.
Comme échoué, venu du monde d’avant…
J’ai contemplé la Sainte Victoire de mes rives de l’Etang changer comme si j’étais Cezanne, (ou Domerg)… et j’ai vu les couleurs changer sans jamais les saisir.
J’ai imaginé le village des fadas qui vivait à côté de moi en ethnologue, comme une tribu qui tentait de se réorganiser après la tempête…
j’ai dessiné, rempli un carnet, comme un carnet ce voyage…
Et oublié durant cette semaine que je n’avais que traversé le canal… et a Jonquière.
Il faut s’en raconter bien des histoires, pour regarder avec un autre oeil ce qu’on ne regarde plus au jour le jour.
Le Tetrodon a été un superbe spot pour regarder le monde autrement…
Avant de le reconstruire,
Voici quelques bout de bulles dessinées »
Carnet des croquis de Yann Madé saisi lors de sa résidence en juillet 2024
Bande dessinée de Yann Madé créée à l’issu de sa résidence au Tétrodon et relatant une histoire qui s’inscrit dans les festivité des Fadas du Monde 2024 sur la base de voile de Martigues