Second rendez-vous
cap Caveaux/île Pomègues
Îles du Frioul/Marseille

Installations/performances du 24 et 25 septembre 2005
"Sueurs" de Frédérique Nalbandian extrait 2' 21

"Sueurs" présentation du projet

extrait 2' 21
Projet d'installation

Présentation du projet :

Suite à la visite des différents bunkers et anciens bâtiments de l’île du Frioul, j’ai eu envie moyennant l’élaboration de ce projet de me saisir d’une  perception ressentie, celle de lieux qui « transpirent » et de replacer cette dernière au centre de mon intervention plastique, dans une formulation poétique, opérant tant du point de vue de la forme que du contenu. Ces bâtiments, au large, anciennement militaires ou de rétention, imbibés d’un passé secret, m’ont parus, de fait, transpirer, non seulement de manière physique mais aussi « narrative». Mon intervention in situ tente ici une opération de mise au jour : un transfert de ces lieux enfouis par des jeux de matières et des actions diverses offrant aux visiteurs une forme de reconnaissance divergente.

 

Parmi ces constructions, une salle m’a particulièrement séduite : la salle n°2, située dans le premier groupe de bâtiments. Ses configurations regroupent en effet un nombre de signes apparents faisant écho à ma pratique artistique, tels que : traces, couleurs rouge et blanc, pierres apparentes, coulures, dépôts, oxydation, tâches, évaporation, quatre bases d’anciens piliers, rigoles aux pieds des murs, stalactites. (Pour complément, v.texte sur mon travail)

Autour de ces éléments, je propose une « articulation » de l’espace, réalisée sur un mode minimal et expérimental. Sa forme sera dictée in situ, conduite au sein d’une interaction directe entre la configuration même du lieu et les matériaux utilisés. L’ensemble de l’espace sera travaillé puis aménagé, déployant un nombre d’actions diverses sur les murs, sols, et plafond : nettoyage, empreintes, traces laissées, coulures, suspension, mise en espace. 

 

Description des interventions :

- La première consiste à prendre des empreintes sur les pierres les plus encrassées des deux murs latéraux de la salle. Chaque pierre, préalablement savonnée, sera recouverte de bandes plâtrées, puis démoulée. Plusieurs empreintes seront réalisées sur les mêmes pierres et laisseront ainsi des traces « propres » parmi les tâches vétustes des murs, puisque le savon sert ici d’agent démoulant mais aussi de nettoyant. Au fur et à mesure des tirages, les épreuves seront à leur tour de plus en plus blanches ; le travail des empreintes successives allié au savon éliminant les résidus. La production des empreintes cessera dès que celles-ci seront parfaitement blanches. Elles seront ensuite aménagées sur un ensemble de planches « échafaudées » de manière précaire sur les quatre bases des piliers de la salle, évoquant l’idée d’un tapis.

- La deuxième est une intervention au plafond entre les deux poutres en fer, au- dessus d'une couverture de survie déposée au sol. Des fils de laine rouge, de différentes longueurs, seront trempés dans du plâtre frais, puis accrochés au plafond, parmi les stalactites déjà présentes. 

- La troisième s’appuie sur les traces rouges déjà existantes (V.photo), situées aux pieds des murs et dans les rigoles attenantes. Ces traces seront accentuées et prolongées sur les sols, tel un débordement, avec un mélange d’eau et de pigment carmin.

 L’installation est ici conçue comme un gel, saisi entre l’obscurité «occulte», la blancheur «sécrétion» et le rouge «organisme humain» ; l’intervalle – transpire – le passé mis au jour.